Je ne suis aucunement à la recherche.
Baser des espoirs sur une foule de rencontres fortuites serait inutile. Quand la goutte qui a jailli deviendra un courant, je m’y abreuverai peut-être. Mais sinon, ça reste le calme plat. Malgré l’abondance. Malgré l’action.
Mais, malgré tout, je ne peux m’empêcher d’avoir les yeux ouverts. Des yeux qui vagabondent l’espace pour le simple plaisir d’y chercher quelque chose ou quelqu’un à remarquer. Il semblerait que l’été cogne fortement à nos portes et il ne fait AUCUN doute que cela affecte grandement l’attitude de plusieurs. Après une longue et enneigée léthargie, les esprits de tous et chacun se sont éveillés assez promptement. Ça parait dans notre sourire, dans nos agissements, dans notre bonne humeur … Tout comme la nature, on se remet à fleurir après avoir été dormant pour la saison froide. Et le spectacle est grandiose.
Seul vestige de l’hiver, les séries éliminatoires du hockey. C’est donc à cette occasion que moi et mes copains se donnons rendez-vous au “Restaurant Sportif A”, en banlieue. Quelques temps après notre arrivée, d’autres gars approchent. Quelle surprise de voir ces anciennes connaissances du secondaire, de quelques années mes ainés, avec qui j’ai justement eu l’occasion de refaire la fête il y a quelques semaines. Fête intense et mémorable après laquelle je m’étais promis de ne plus jamais boire. C’est donc pichet à la main (sic) que nous nous retrouvons. Quelques minutes plus tard on me fait signe du bar. C’est l’heure de la première tournée de shooters. Une petite tequila pour fêter les retrouvailles et je retourne auprès de mes fidèles amis.
Après deux périodes et l’éminence d’une défaite de nos Habs adorés, c’est à mon tour de faire irruption sur la terrasse, où ils se trouvent, avec un plateau garni de shooters. Pour noyer la défaite, et aussi pour leur rendre la pareille, en bonne et due forme. À ma grande surprise, plusieurs autres connaissances se retrouvent à la même table qu’eux et c’est vraiment la joie pour tout le monde !! Et, parmi eux, quelques inconnues, bien évidemment. Je reste avec eux quelques 5 minutes pendant lesquelles les blagues se lancent de part et d’autres. Elle a toujours été bien amusante cette clique !! Rien n’a changé avec le temps ! Je retourne ensuite avec mes amis, non sans avoir remarqué la jolie Mademoiselle L, une jolie fille enjouée aux cheveux noirs, arborant un sourire digne d’une annonce de Colgate (mais en plus naturel). Elle est belle, naturelle, aime rire, et n’a pas l’air de se prendre au sérieux. C’est déjà beaucoup de points de marqués en si peu de temps. Qui plus est, elle porte un joli chandail des Canadiens, version féminine et ajustée, et une jolie jupette qui m’a toujours fait craquer.
J’aurais bien certainement été saluer ces gens à la fin de l’écrasante partie, mais disons que la présence de Mademoiselle L. me motivait encore plus. Elle souffle quelques mots à l’oreille de son amie en me voyant approcher. Je feins de ne rien voir. Elle se lève et commence à parler avec les quelques personnes avec qui je m’entretenais. Elle me regarde et s’approche pour répliquer à ce que je venais de dire : “je suis parfaitement d’accord avec toi et t’as vraiment des beaux yeux”. Là, comme ça, devant tout le monde, surtout devant un des mecs qui semblait “vouloir” avoir une emprise sur elle. Les filles déstabilisantes, je vous AIME !! Je ne suis pas quelqu’un de gêné, mais ce genre de situation là me donne un tout petit instant de fébrilité qui est tellement inconfortable et agréable à la fois. Je balbutie un merci avec l’assurance d’un sumo marchant sur une corde raide et la discussion reprend. Que chose se passe ici. Il y a plusieurs manières de dire à quelqu’un qu’il a de jolis yeux. Et celle-ci semble quelque peu plus inspirée qu’un simple compliment lancé à la volée. Quoi qu’il en soit, j’en ai pas la moindre idée.
Je m’affaire donc à saluer tout le monde, un à un, les inconnus comme les “amis”, en la mettant de côtés quelques instants. Elle s’approche avant que j’aie terminé et je lui glisse dans l’oreille: “attend, je te garde pour la fin …”. Parole d’apparence prémâchée et macho au coton aux premiers abords, mais qui, dans le contexte de rire et de blague qui sévissait sur le moment avait totalement sa place. Ce fut dit sans aucune forme de sérieux et elle a éclaté de rire, avec un petit sourire légèrement gêné. Mais le pire dans tout ça, c’est que je désirais vraiment terminer la soirée sur cette belle note. J’achève donc les salutations et m’approche d’elle. Il en résulta quelques becs et une chaleureuse accolade que je n’ai pas provoqué, mais à laquelle j’ai joyeusement participé! C’était comme si c’était arrivé sans que personne ne l’engendre. Tout ça a coulé si naturellement que ça m’a fait sentir “tout chose”, l’espace d’un moment. Elle se permet même de me répéter le compliment, en me le chuchotant dans l’oreille cette fois. Je lui réponds que je n’ai absolument pas à chialer de ce que je vois non plus. Je sens alors l’étreinte se resserrer autour de moi quelques secondes avant qu’on se sépare.
J’ai comme l’impression qu’on va se reparler moi et elle !
Du moins je l’espère !
Est-ce que c’est moi qui a dit que: ” Baser des espoirs sur une foule de rencontres fortuites serait inutile.” ??? Je crois que oui.
Est-ce que je suis incohérent ??? Je crois que oui …
à suivre !! encore ….
ps: Détail à souligner : la grande majorité des histoires vécues dans les dernières semaines ont malheureusement prises fin. Je vous raconterai peut-être un jour les circonstances. Je ne cours donc pas 14 lapines à la fois. Chaque chose en son temps qu’ils disent ….
